La Place de l’Étoile rouge

Symbole de la résistance, signe d’un engagement socialiste, la Place de l’Étoile Rouge est adoptée par les Cotonois. Aujourd’hui, elle est un lieu de détente.

Quand Cotonou, la capitale béninoise se réveille, les premières lueurs de soleil révèlent l’éclat d’une étoile. Toute rouge. C’est la Tour Eiffel version Cotonou. Le monument le plus élevé du Bénin. Située au plus grand carrefour de cette ville. Le carrefour giratoire qui porte son nom. Un cadeau pour Cotonou. Chaque opportunité d’y poser ses pas devient une aubaine. Le doux murmure des arbres secoués par un léger vent, évoque l’immense plaisir d’une détente. Seuls ou en groupe, nombre de personnes viennent jouir de ce bien être que crée cet espace au cœur de Cotonou. L’air frais qui s’y respire, enveloppe et protège contre les fumées. Ne serait-ce que l’instant d’une visite. Avec une entrée qui ouvre sur l’avenue Jean-Paul II.

L’Étoile Rouge est paradoxalement l’espace le plus écolo en plein cœur de Cotonou. Des arbres qui donnent de l’ombre. Et qui font souffler sur le visiteur un vent doux qui isole de l’intense chaleur d’un soleil de midi. Des bras d’étoile bien terrassés et bien entretenus où le visiteur peut se reposer aussi longtemps qu’il le souhaite. La propreté en prime. Les autorités municipales y veillent. Entretenue donc mais sécurisée aussi. L’Étoile Rouge est le plus grand des symboles marquants de la période marxiste-léniniste au Bénin. Vestiges d’un passé politique lourd de sens. La représentation de sa forme étoile entraîne dans un tendre voyage dans l’histoire politique du Bénin.

La grande muette de l’histoire politique du Bénin

C’est à l’adoption de la doctrine socialiste que tout a revêtu les couleurs et la forme du socialisme au Bénin. Nombre de monuments ont été érigés pour témoigner de cette option politique. Elle en fait partie. La place de l’étoile rouge. L’étoile, le symbole des pays révolutionnaires. L’Étoile rouge, comme son nom l’indique, est un monument sous forme d’une étoile à cinq branches peinte en rouge. Aujourd’hui, cette place porte les trois couleurs du drapeau béninois : le vert, le jaune et le rouge.

Au dessus de l’étoile, s’érige une tour surmontée par la statue d’un brave homme. Jacob, c’est le nom que lui a donné le commun des Béninois. Il a une arme à l’épaule, un fagot de bois dans la main gauche et une houe dans celle de droite. L’arme pour rappeler aux Béninois qu’ils ont le service militaire obligatoire. Le fagot représente la source d’énergie des 90% de la population béninoise : le

bois de chauffe. Quant à la houe, elle est un symbole de l’agriculture, socle de l’économie béninoise. Jadis, au temps de la toute puissance révolutionnaire, cette place enregistrait ses records d’affluence en eux temps. Le premier, chaque 26 octobre, fête des forces armées populaires et le deuxième, chaque 30 novembre, commémoration du discours programme.

Durant cette période marxiste, ce lieu n’était pas accessible, si facilement. Aujourd’hui, différentes activités sportives en font leur site de prédilection. Elle sert de lieu d’entrainement aux passionnés de sport et de cadre de détente pour les amoureux. Les jours de repos, elle est prise d’assaut. Athlétisme, gymnastique, boxe ou encore abdominaux pour les plus courageux y ont droit de cité. La jeunesse a redonné vie à cette place publique longtemps restée sans animations, sans chaleur et sans ambiance.

Domptée par les Cotonois

Avec l’avènement de la démocratie, la Place de l’Etoile rouge a commencé à changer son armure. Cette option a permis aux jeunes de dompter cette place autrefois interdite au grand public. La place de l’Etoile Rouge n’est pas restée statique. Elle a subit des modifications notables dans le temps. Hier, elle était nue sans arbre, un décor attrayant certes, mais aujourd’hui, elle est devenue un espace au décor verdoyant et plaisant. En plein cœur d’une mégalopole

surchauffée. Elle a même été décorée par une artiste peintre sculpteur de renom. Edwige Dakpogan a drapé Jacob et sa demeure aux couleurs de l’Union africaine.

C’est aussi la place privilégiée pour des manifestations culturelles. Elle connaît d’autres animations pas des moindres. Le défilé militaire de la fête de l’indépendance. La fête internationale de la musique. Diverses expositions et opérations de promotion. Des occasions où cette agora devient le lieu de rencontres entre les cultures et de retrouvailles entre les générations. Touristes et curieux y marquent un arrêt. C’est la convivialité sur toute la ligne.

Ablawa Boko/PUBLIC METIS

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