Faire du tourisme une filière de développement économique

Trois réceptifs hôteliers de grand standing poussent sur le Boulevard de la Marina, à quelques encablures de l’aéroport international Bernadin Gantin de Cotonou, en vue de renforcer la capacité hôtelière du pays, véritable levier de développement du tourisme.

« Le Bénin ne peut que s’enorgueillir de la construction de ces trois grands réceptifs hôteliers qui d’ici quelques mois vont augmenter la capacité d’accueil des touristes et des visiteurs sur son territoire », s’est réjoui, Bernardin Tossa, un opérateur économique béninois.

Selon les données recueillis à la direction du Tourisme et de l’hôtellerie, le Bénin compte en 2010, 580 établissements hôteliers, pour une capacité de près de 7.362 chambres et 14.704 lits, avec une forte concentration dans le sud du pays.

Pour le guide touristique, Michel Dossou, ces réceptifs hôteliers, notamment « Marriot Hotel & Ressorts », « CHAIN Hotel » et « RAMADA HOTEL », qui seront opérationnels dans moins d’une année accompagneront la vision du gouvernement béninois, d’accroître et améliorer l’offre touristique et promouvoir le tourisme au cours du quinquennat 2016-2021.

« L’ambition du gouvernement béninois est de faire du tourisme une filière de développement économique créatrice de richesses et d’emplois, une filière économique majeure et le principal outil de rayonnement du Bénin à l’international », a-t-il indiqué, en citant le programme d’action du gouvernement pour la période 2016-2021.

Pour atteindre cet objectif, a-t-il souligné, le Bénin dispose de nombreux atouts : la culture, les arts et la civilisation Vaudou ; les vestiges et la mémoire de la traite négrière à Ouidah ; les palais royaux d’Abomey et leurs sites archéologiques qui datent de plusieurs millénaires ; le plus grand parc animalier d’Afrique de l’Ouest, avec sa faune variée, sa flore et ses paysages uniques (Pendjari- Parc Régional W) ; la plus grande cité lacustre d’Afrique (Ganvié) ; les cités balnéaires et lagunaires.

« Ces atouts seront développés à travers sept projets phares, qui seront appuyés par des réformes structurelles permettant d’aligner le cadre opérationnel du secteur touristique béninois sur les standards internationaux », a-t-il insisté.

Selon les données de la Banque Mondiale, le Bénin, bien qu’étant un pays à faible revenu a « un tourisme potentiel » caractérisé par un certain intérêt pour le tourisme mais dont le système de gouvernance est inadéquat.

« Les infrastructures de base existent mais on observe une déficience du marché en termes de réglementation, de ressources et d’institutions qui entravent la macroéconomie », souligne la Banque Mondiale, qui précise que néanmoins, le tourisme contribue pour 2 à 3,9% du Produit intérieur Brut (PIB), plus que certain pays à revenu intermédiaire.

De même, la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté pour la période de 2011 à 2015 a notamment caractérisé le secteur du tourisme comme un grand contributeur au dynamisme de l’économie et à la réduction de la pauvreté.

« Le tourisme, à travers sa triple dimension (tourisme d’affaires, tourisme de congrès et tourisme d’agrément) représente la deuxième source d’entrée de devises après le coton. Il constitue une source potentielle importante d’accélération de la croissance économique avec des effets d’entrainement sur les pôles BTP, agroalimentaire et artisanat », indique la même source.

(Xinhua)